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Et les malades mentaux errants, on ne les interne pas ?

Posté par: Alassane Niang| Vendredi 08 juillet, 2016 07:07  | Consulté 861 fois  |  0 Réactions  |   

Tout le monde a applaudis à la mesure courageuse prise par  le président de la République interdisant la mendicité des enfants dans les artères de Dakar et environs. Une mesure  qui met en exergue le droit  exclusif de l’enfant à l’éducation et bannis  à l’occasion exploitation et le  travail forcé des enfants. Ce droit s’explique par l’statut de mineur de l’enfant, ce statut n’est pas loin de celui du malade mental, incapable vivant sous l’assistance d’un tuteur.

Au Sénégal, la situation actuelle des malades mentaux est le reflet de la posture indifférente que la société adopte à une minorité faible sans voix, les malades  mentaux par la voix de leur président  Anssouma Dione  ont raison de s’indigner.

Un décor triste, 2192 malades mentaux errent dans les rues de la capitale, de sa banlieue et le reste du pays, laissée à eux-mêmes, souffrants sans aucune assistance comme s’ils n’étaient pas des citoyens sénégalais. Victimes de viols pour les femmes, de crimes rituels (Tambacounda avec 6 malades mentaux tués et certaines de leurs organes prélevés)  et d’accidents .A Rufisque, ma ville, ces malades mentaux font partie des décors, leurs itinéraires se résument à l’errance  dans les trottoirs de Sonadis et des rails de  la gare ferroviaire .Si les uns restent dans leurs mondes solitaires, d’autres se lèvent font leurs cents pas discutant par ci et là  et  sont souvent  agressifs.

Les proches sont les premiers démissionnaires, sombrant dans le désespoir après une longue lutte avec la maladie, ils délaissent dans les rues leurs malades, fautes de trouver  un centre d’accueil psychiatrique à durée illimité, ce centre, l’état ne l’a pas encore construit.

En effet  les hôpitaux  psychiatriques Dalal Xel et de Fann ne suffisent pas et sont immobiles dans leurs interventions, des  structures de portée moindres avec un déficit de moyens, des tickets chers et des rendez –vous trop rapprochés pour des familles pauvres seraient un facteur décourageant, on peut dire que ces structurent traitent des maladies mentaux mais ne sont  pas des maisons de retraite pour les malades mentaux aux cas désespérés et souvent dépourvus de familles.

L’état est abonné absent, laissant le problème  aux mains des collectivités locales ne bénéficiant d’aucune structure d’orientation ou d’accueil de ces malades mentaux errants qui constituent un obstacle quand leur rôle de protection sécuritaire et de propreté des populations locales.

L’autre aspect concerne, l’aspect juridique en effet au-delà de la culpabilité ou non du malade qui est inexistante et pas établie en cas d’acte. Il n’existe pas de dispositifs juridique qui protègent ces malades mentaux, de la dissuasion de leur proche surtout  leurs tuteurs qui les abandonnent sans raison et de leurs droits de soins en cas de maladie ou d’accidents. Les malades mentaux sont des sénégalais ne jouissant aucune de leurs droits en tant qu’humains surtout dans un pays dont ils sont citoyens à moins que la folie ne soit incompatible avec le statut de citoyenneté, une injustice encore.

 

 L'auteur  Alassane Niang
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Alassane Niang
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